Le Matin Dimanche

Le Matin Dimanche (16 juin 2013)

GASTRONOMIE

Patrick Lapp, comédien, aime l’ambiance des auberges de campagne

«LAuberge de Mollens est tenue par Guy Huck, habile chef dorchestre»

Pour moi, la cuisine, c’est comme un spectacle. Des entrées au dessert, le repas se compose en plusieurs actes. Il y a une mise en scène des plats que l’on vous sert et surtout un chef d’orchestre qui vient parfois saluer à la fin des festivités. C’est en tout cas ce que je ressens à l’Auberge Communale de Mollens (VD), chez Céline et Guy Huck. J’ai découvert cet endroit par hasard. Je passais à vélo et j’ai soudain aperçu sur la porte de ce restaurant de campagne l’indication d’un 13/20 au Gault & Millau. Après avoir mené mon enquête, regardé sur Internet ce que cachait cette enseigne, j’y suis allé quelques jours plus tard, vivement intrigué. Et j’ai été séduit tant par le cadre que par la gentillesse des patrons.

A l’Auberge de Mollens, vous entrez comme chez des gens par un long couloir décoré à l’orientale. A gauche vous avez un bistrot à l’ancienne et à droite une belle salle avec de hauts plafonds. On a l’impression d’être à la fois dans une vieille ferme, avec les poutres, et dans un château, avec lustres et chandeliers.

Une fois assis confortablement, à jolie distance des voisins, le festin peut débuter. A la carte, noix de Saint-Jacques, homard et foie gras. Mais personnellement, ce n’est pas avec ce genre de mets que je peux me rendre compte du talent d’un chef. Pour moi, c’est dans la simplicité que tout se joue. Je choisis donc une cassolette de champignons. Délicieuse. Puis j’opte pour un suprême de pintade aux morilles. Magnifique. Je me dis alors qu’il n’y a pas besoin de soixante musiciens pour que l’instant soit unique.

Guy Huck est un habile chef qui sait donner une touche asiatique à sa cuisine, telles ses cailles à la manière thaïe. Passionné, il va lui-même chasser, cueillir des champignons et dénicher des trésors dans la nature. En salle, sa charmante épouse Céline est toujours de bonne humeur.

A la maison, c’est ma femme qui fait à manger. Sa spécialité: le filet de veau aux morilles, cuisson lente. A l’Auberge de Mollens ou chez moi, j’aime les produits du terroir et quand ils sont superbement cuisinés, c’est un bonheur.